Les Roms, victimes d’une politique irresponsable
«De la chasse aux voix du FN à la chasse aux Roms, le Président de la République, son gouvernement et sa majorité, entraînent la Nation dans une dérive extrême, dangereuse pour les libertés et la paix civile. Du karcher au coup de balai, les valeurs et principes de la République sont attaqués. De la création du Ministère de l'identité nationale à la stigmatisation définitive de l'immigration et de l'étranger, les masques sont définitivement tombés. Et la France offre un sombre visage.
Les discours qui ont préparé, accompagné et qui maintenant justifient la politique dite « sécuritaire » de l'Etat sont inacceptables. C’est un abrégé de haine et d'irresponsabilité qui inquiète.
Le succès des manifestations du samedi 4 septembre montre que cette inquiétude est partagée par de nombreux Français.
La République est prise en otage par son Président dans des stratégies électorales malsaines. Nous sommes désormais totalement convaincus qu'avec Nicolas Sarkozy, le pire est toujours certain.
Les Roms, population fragile et cible facile, sont les victimes de cette politique.
Il y aurait environ 15 000 Roms en France, venant pour la plupart de Roumanie. La Roumanie fait partie de l'Union Européenne. Pour l'instant, les Roumains ne peuvent s'installer en France que sous certaines conditions mais cette limitation sera levée en 2014. Les expulsions auxquelles nous assistons, déjà condamnables moralement, seront alors aussi impossibles juridiquement. La politique actuelle, brutale et à court terme, est une impasse.
L'agglomération lyonnaise est une des plus concernées par la présence des Roms, les dispositifs d'accueil et d'aide y étant plus développés que dans la plupart des agglomérations. Mais que ce soit Lyon ou le Grand Lyon, les collectivités ne peuvent, seules, pas grand chose face aux conditions d'installation et de vie des populations Roms.
Les responsabilités sont ailleurs, au niveau des Etats, français et roumain, et de l'Union Européenne.
Ce sont eux qu'il faut interpeller:
L'Etat français à travers le Préfet, pour la mise en place d'une vraie démarche partenariale, entre les collectivités, des représentants des Roms, des associations travaillant avec eux, pour régler la situation des squatts dans l'agglomération lyonnaise. Le Préfet devrait coordonner des actions avec les maires afin de rechercher des terrains pour installer des hébergements adaptés.
L'Etat roumain et l'Union Européenne qui devraient mener une réelle action en faveur des Roms, une action en accord avec les valeurs de l'Union Européenne, notamment sur la non-discrimination et le respect des Droits de l'Homme.
Le « problème » Rom naît en Roumanie, et dans les pays que les Roms fuient.
Le Grand Lyon peut renforcer les actions de coopérations décentralisées avec des villes de Roumanie, afin d'améliorer les conditions de vie des Roms dans leur pays d’origine. D’autre part, à leur échelle, les collectivités peuvent aussi agir à travers une politique d'insertion qui passe par le droit au travail, le droit au logement, et la scolarisation des enfants, pour limiter les situations de dépendance, d'assistanat qui favorisent la délinquance et la mendicité.
Tout effort fait par le Grand Lyon, notamment pour un hébergement digne, devra être équitablement réparti entre les communes de l'agglomération.
Enfin, le rôle des collectivités est de rappeler la République à ses devoirs et ses valeurs, et de sauvegarder le visage humain de la France. »
Déclaration du GAEC, lundi 6 septembre 2010.
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